Dans cet article

Les consommateurs de la zone euro ont relevé leurs anticipations d’inflation à tous les horizons dans l’enquête BCE d’août : 3,0% à douze mois, 2,9% à trois ans et 2,5% à cinq ans. La publication intervient après la hausse de taux de la BCE du 10 septembre, alors que l’énergie reste au cœur du repricing mondial.

Mais la chaîne correcte n’est pas ‘anticipations plus élevées = hausses automatiques’. Boris Vujcic a rappelé aujourd’hui que la BCE examine un ensemble large de données et qu’un choc énergétique durable peut à la fois relever l’inflation et réduire le revenu réel, la consommation et la croissance.

Ce qui a changé

Indicateur CESAoût 2026Juillet 2026Lecture
Inflation attendue à 12 mois3,0%2,9%hausse
Inflation attendue à 3 ans2,9%2,7%hausse
Inflation attendue à 5 ans2,5%2,4%hausse
Croissance attendue du revenu nominal1,0%1,0%stable
Croissance attendue des dépenses3,6%3,6%stable
Croissance économique attendue-1,2%-1,2%stable
Chômage attendu11,0%11,2%légèrement plus bas

Le mouvement à cinq ans est important car il renseigne sur la persistance perçue. Mais le Consumer Expectations Survey n’est ni une prévision officielle de la BCE ni un signal de trading.

Une BCE déjà plus restrictive, sans trajectoire automatique

Le 10 septembre, la BCE a relevé ses trois taux de 25 points de base. Depuis le 16 septembre, le taux de dépôt est à 2,50%, le refinancement principal à 2,65% et le prêt marginal à 2,90%.

Le scénario central prévoit une inflation globale de 3,0% en 2026, 2,5% en 2027 et 2,1% en 2028. Le Conseil a répété que ses décisions restent dépendantes des données.

Reuters indique que les marchés monétaires intègrent trois ou quatre hausses supplémentaires d’ici fin 2027, avec un taux de dépôt potentiellement à 3,25%-3,50%. C’est un pricing de marché, pas un engagement BCE.

Pourquoi l’énergie chère n’est pas seulement inflationniste

Vujcic a souligné que pétrole et gaz plus chers peuvent faire monter les prix tout en réduisant le pouvoir d’achat et la consommation. Un même choc peut donc être inflationniste et négatif pour la croissance.

Le marché peut traduire rapidement énergie chère en plus de hausses, alors que la BCE doit mesurer le frein sur la demande.

Ce débat rejoint le repricing obligataire. Dans notre analyse du Treasury américain à 10 ans au-dessus de 5%, nous avons montré comment inflation, dette et prime de duration déplacent les rendements au-delà d’une seule décision.

Ce que cela change pour EUR/USD

Pour EUR/USD, ‘BCE plus hawkish = euro plus fort’ est trop simpliste. Le pair dépend de la trajectoire relative BCE-Fed, des rendements, de la croissance et du risque global.

Si les anticipations européennes montent et que la BCE resserre plus vite que ce qui est déjà intégré, le différentiel peut soutenir l’euro. Si l’énergie affaiblit davantage la croissance européenne, cet effet peut être réduit.

Trois scénarios

Inflation persistante : anticipations élevées, core et salaires fermes, croissance résistante. Le cas pour de nouvelles hausses se renforce.

Choc énergétique qui affaiblit la demande : prix élevés mais consommation et croissance se dégradent. La BCE peut devenir plus prudente.

Signal mixte : les anticipations montent sans confirmation dans les données réalisées. Le marché peut avoir pricé trop vite une trajectoire agressive.

La leçon du 18 septembre est précise : les anticipations d’inflation montent, mais l’énergie seule ne fixe pas les taux BCE. Pour EUR/USD, il faut combiner inflation, croissance et surprise relative face à la Fed.

Sources

  • BCE, Consumer Expectations Survey – août 2026: https://www.ecb.europa.eu/press/pr/date/2026/html/ecb.pr260918~295b3ab978.ga.html
  • BCE, décisions de politique monétaire du 10 septembre 2026: https://www.ecb.europa.eu/press/pr/date/2026/html/ecb.mp260910~314e508016.en.html
  • Reuters, 18 septembre 2026: https://www.reuters.com/business/finance/ecbs-vujcic-cools-oil-fuelled-bets-rate-hikes-2026-09-18/